La mémoire enfouie des camps de regroupement de la guerre d’Algérie
Laure Marchand, le 1er avril 2026
Entre 1954 et 1962, l’armée française a déplacé et parqué dans des camps
plus de 2 millions de paysans algériens.
Plus de 200 000 d’entre eux, dont deux tiers d’enfants,
y seraient morts de froid et de faim.
« Il n’y a pas d’argent pour nourrir les déplacés, alors ils meurent, c’est aussi simple que cela »,
dira [Michel Rocard] en 2004 dans Le Nouvel Observateur.
Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad ont ainsi montré
comment la société algérienne, majoritairement rurale, a été déstructurée.
« Si ce “phénomène massif d’enfermement humain”
a si facilement sombré dans l’oubli côté français,
c’est parce qu’il ne s’est appliqué qu’aux Algériens musulmans, contrairement à la torture »
Article,
Le Monde, 2026